lundi 29 avril 2013

Le vieux qui lisait des romans d'amour



 Ce court roman plonge le lecteur au cœur de la forêt amazonienne. Antonio José Bolivar,  le vieux après de longues années en compagnie des indiens Shuars termine  son existence à El Idilio, sur les rives du Nagaritza, jusqu'au jour où le corps d'un chercheur d'or est retrouvé mort.
Le maire que l'on surnomme la limace est convaincu qu'il s'agit encore d'un crime perpétré par ces indiens réducteurs de tête. Mais sur son corps, le vieux repère des traces de griffes d'un fauve. Rapidement il va regretter sa remarque car ce sera la fin de sa tranquillité. Étant la seule personne à connaître aussi bien la forêt amazonienne, la limace va lui proposer de se joindre à l'expédition  qu'en sa qualité de maire, il se doit d'organiser pour traquer l'animal. 
 Dépaysante, cette fable écologique fait fondre comme neige au soleil tous les préjugés récurrents  sur les Shuars appelés aussi Jivaros. L'auteur nous permet d'accéder à la magie de cette forêt menacée par les excès et l'ignorance  de l'homme moderne et occidental. 

EXTRAITS:
" L'amour, il n'en connaissait que ce que disaient les chansons, particulièrement les pasillos que chantaient Julito Jaramillo, dont la voix, issue des quartiers pauvres de Guayaquil s'échappait parfois d'une radio à piles et rendait les hommes mélancoliques. Ces chansons là disaient que l'amour était comme la piqûre d'un taon que nul ne voyait mais que tous recherchaient. 
-C'est comment les livres d'amour?  
-Ceux là , je crains de e pouvoir en parler. Je n'en ai plus que deux .
-Ça ne fait rien. C'est comment? 

- Eh bien, ils racontent l'histoire de deux personnes qui se rencontrent , qui s'aiment et qui luttent pour vaincre les difficultés qui les empêchent d'être heureux. " (page 61)

" Il lut la phrase à voix haute et plusieurs fois.
- Qu'est ce que ça peut bien être des gondoles ? 
Ça glissait sur les canaux. Il devait s'agir de barques ou de pirogues. Quand à Paul, il était clair que ce n'était un individu recommandable, puisqu'il donnait un "baiser ardent"  à la jeune fille en présence d'un ami, complice de surcroît. 
Ce début lui plaisait. "(page76)

" Le maire sortit de s poche révolver un flacon de whisky et lui en offrit une gorgée. Le vieux accepta rien que pour en connaître le gout , et tout de suite , il eut honte e sa curiosité de ouistiti. " (page 87)

" L'américain gisait quelques mêtres plus loin. Les fourmis avaient fait un travail impeccable et n'avaient laissé que les os, nets pareils à de craie. Elles étaient en train de terminer le squelette. Telles des bûcheronnes minuscules et cuivrées , elles transportaient un à un les cheveux jaune paille pour étayer le cône d'entrée de leur fourmilière.
Il alluma un cigare  avec des mouvements lents  et fuma en contemplant le travail des insectes indifférents à sa présence. Il  entendit un bruit qui venait des hauteurs  et ne put réfréner un éclat de rire . Un tout petit ouistiti  dégringolait d'un arbre , entrainé par poids d'un appareil photo qu'il ne voulait pas lâcher." (page 88)



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