| Christopher Walz et Jamie Foxx |
J'ai presque autant tardé avant d'aller voir ce film, sorti début janvier sur les écrans que tarder à prendre ma plume pour en parler, certainement à cause de ce goût amer qu'il m'a laissé.
La ligne directrice du dernier Tarantino ne diffère guère de ses précédents films : vengeance et revanche, si ce n'est qu'elles se situent sur fond d'esclavagisme .
Et une fois de plus, le réalisateur s'en est donné à cœur joie dans l'utilisation abondante et répétitive de l'hémoglobine. S'il n'y avait que cette explosion visuelle qui tourne à la monomanie, on pourrait peut-être s'en accommoder, mais la débauche de violence qui l'accompagne et la longueur insistante de certaines scènes me sont devenues rapidement insupportables.L'histoire pourtant offre une série de rebondissements, parfois improbables, qui lorsqu'ils ne font pas rire, ont le mérite de relancer l'intrigue en détendant l'atmosphère.
Tout commence par une association entre un chasseur de primes d'origine allemande, le docteur Schultz joué par Christoph Waltz et un esclave, Django, alias Jamie Foxx.
La ligne directrice du dernier Tarantino ne diffère guère de ses précédents films : vengeance et revanche, si ce n'est qu'elles se situent sur fond d'esclavagisme .
Et une fois de plus, le réalisateur s'en est donné à cœur joie dans l'utilisation abondante et répétitive de l'hémoglobine. S'il n'y avait que cette explosion visuelle qui tourne à la monomanie, on pourrait peut-être s'en accommoder, mais la débauche de violence qui l'accompagne et la longueur insistante de certaines scènes me sont devenues rapidement insupportables.L'histoire pourtant offre une série de rebondissements, parfois improbables, qui lorsqu'ils ne font pas rire, ont le mérite de relancer l'intrigue en détendant l'atmosphère.
Parce
qu'il est le seul à pouvoir reconnaitre le visage de 3 truands, le docteur Schultz, décide de l'acheter aux esclavagistes. Les choses pourraient se passer sans trop d'embrouilles mais ce ne serait plus du Tarantino. Et ce qui justement le fait mousser n'est vraiment
pas ma tasse te thé! Après cette première scène d'action qui n'est qu'une petite mise en bouche, le docteur Schultz va mettre Django à l'épreuve en testant ses capacités. Difficile de passer si facilement de l'état d'esclave à celui de tueur à gage. Malgré quelques réticentes, Django va rapidement convaincre le Docteur Schultz de la qualité de ses compétences. Il va également saisir ce qu'une pareille association outre l'argent et la liberté peut lui rapporter. Il n'a bientôt qu'un seul objectif retrouver et libérer celle qui fut sa femme devenue esclave chez un gros propriétaire d'une plantation de coton, Calvin Candie, campé par un Leonardo Di Caprio parfaitement abject. Avec Samuel Jackson, son bras droit, homme à tout faire
sans pitié pour ses congénères esclaves, c'est l'autre duo choc du film. Plus violent encore par la perversité qui les animent.
Le malaise qu'il provoque conduit malgré soi à passer à un autre mode de lecture :celui de la dérision et de l'humour. Il est vrai que certaines situations et certains dialogues n'en manquent pas, surtout lorsque le docteur Schultz mène la cadence. Ce brillant orateur, détonne autant par son élocution si particulière, qui fait de lui une sorte de Lucchini allemand, que par l'utilisation là aussi, ultra précise de sa gâchette. Par ailleurs, si Tarantino ridiculise à divers moments les esclavagistes, comme il le faisait déjà avec les nazis dans Inglourious Basterds, je ne suis pas certaine qu'il se déchaine pour ce qui l'on peut appeler "la bonne cause". Je reste perplexe. A l'évidence il aime faire un pastiche du western spaghetti, mais ne craint-il pas de fatiguer ses fans en se parodiant lui même ?
| Kerry Washington |
J'aurais aimé sortir du film avec le
le sourire de Brunehilde, l'épouse de Django (Kerry Washington),qu'il a enfin réussi à libérer de l'emprise de Di Caprio. Son sourire
a le pouvoir de nous soustraire un instant de la démesure de violence, d'humiliation et de perversion dans laquelle Tarantino enferme et soumet le spectateur en même temps qu'il s'y enferme lui-même.
J'ai quitté la salle de cinéma consternée avec un profond sentiment de révolte et assaillie par une série de questions sur la violence portée à l'écran, à laquelle le public jeune s'est habituée avec une facilité déconcertante. Je ne vais pas rouvrir un débat déjà rabâché. Mais si la violence et sa dénonciation ont toujours été le fond de commerce du cinéma, et du cinéma américain en particulier, l'enfant du pays, Tarantino restant un produit commercial, qui s'exporte bien, fidèle à sa culture, n'aurait-il pas trouvé la voix de sa propre rédemption, en se faisant exploser à la fin du film ? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que j'en ai éprouvé honteusement un certain soulagement.
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