dimanche 4 novembre 2012

Vous avez dit mouvement romantique ?

Né en Angleterre et  en Allemagne,  ce mouvement puise ses racines dans des œuvres françaises comme  «  la nouvelle Héloïse » ou encore  « les rêveries d’un promeneur solitaire » de Jean-Jacques Rousseau.  L'hymne à l’amour et la célébration de la nature sont deux thèmes qui trouvent un écho particulier en Allemagne dés les années 1770 chez Goethe avec « Les souffrances du jeune Werther  » : roman sentimental qui se présente sous la forme de lettres qu’écrit le jeune Werther à un ami. Il y raconte son amour impossible pour une jeune fille Charlotte, promise à un autre homme. Fou d’amour il finira par mettre fin à ses jours. 
En Angleterre, le romantisme naît en 1798 avec « Les Ballades lyriques » : recueil  qui mêle des poèmes de Wordsworth et Coleridge, et  les recueils de poésie de Lord Byron. 
En France, la vague romantique déferle avec «  Les méditations poétiques » d’Alphonse de Lamartine (1820). Les 10 années qui suivent, révèleront quantité de jeunes auteurs : Alfred de Vigny, Alfred de Musset, Victor Hugo, Théophile Gautier, Gérard de Nerval. Ils exaltent la liberté, laissent s’exprimer leur sensibilité, leur imagination, mais aussi leur goût pour le fantastique. Ils considèrent leur art comme un absolu, presque une religion souvent comme une magie.Le romantisme, en France est surtout le fruit d’une soif d’absolu et du refus des conventions d’une génération insatisfaite. Souvent perçu comme la crise d’adolescence d’une société en pleine mutation, le romantisme  se nourrit également de  la crise  politique,  sociale et économique.
Géricault


    En peinture , Géricault, célèbre pour son «  radeau de la Méduse » (1819), est hanté par la violence, la mort, et le malheur. Il est en quelque sorte l’inventeur de la peinture romantique, et réinvente la fresque réaliste.
Delacroix autoportrait
Il influence Eugène Delacroix (1798-1863) qui choisit souvent ses sujets dans la littérature « Dante et Virgile aux enfers », la mort de Sardanapale ( d’après Byron) Ses toiles illustrent davantage un spectacle, une histoire comme c'est le cas dans « la liberté guidant le peuple.» 


En musique, on assiste à une véritable mutation. Elle commence avec Beethoven (1770-1827) et se poursuit  avec deux figures assez opposées :  Carl Maria Von Weber,  et Franz Schubert. 
Le talent dramatique  de  Carl Maria Von Weber(1786-1826) donne naissance à l'opéra allemand avec son " Freichütz" en 1821,  en opposition avec la tradition italienne , 
Le domaine privilégié de Franz Schubert (1797-1828) est surtout dans la musique de chambre, et le domaine du Lied, (un poème chanté accompagné au piano). Il ne connaîtra jamais la célébrité. Ces éditeurs de musique le volent : son « Voyage d’hiver » lui est payé 15 francs . De santé fragile, il meurt de typhus à l’âge de 31 ans.

Puis à quelques années d'intervalle, naissent  quatre compositeurs que l'on regroupe sous l'appellation " la génération 1810" : Mendelssohn(1809) Schumann,(1810)Chopin (1810),Liszt (1811) . 
  • Félix Mendelssohn Bartholdy, au contraire de Schumann est un romantique heureux.
Felix Mendelssohn-Bartholdy
Félix Mendelssohn Bartholdy
Né à Hambourg dans une riche famille  de banquiers israélites devenu luthériens, il montre très tôt des dons musicaux tout comme sa sœur Fanny . Au cours de ses voyages en France , en Angleterre et en Italie, il recueille de grands succès en tant que virtuose. Il dirige à partir de 1835 les concerts à Leipzig, faisant alors redécouvrir au public des œuvres anciennes et surtout la musique de Bach complètement oubliée depuis un siècle. En 1847,  il fonde le conservatoire dans cette même ville qui redevient alors un grand centre artistique .Mendelssohn écrit des oratorios, des cantates,5 symphonie, des ouvertures dont la célèbre « Marche nuptiale »  issu du Songe d’une nuit d’été , des quatuors des sonates ,des pièces pour piano dont les « romances sans paroles »et des lieder. Son écriture musicale reste très imprégnée du classicisme de Mozart ou de Haydn, tout en étant sensuelle et sentimentale.
 Concerto pour violon, 2ème Mouvt. Yéhudi Menuhin, Wihelm Furtwängler:/Berliner Philharmoniker




  • Fils d’un libraire, Robert Schumann est le plus jeune enfant d'une famille qui en compte 5.
Robert Schumann
 C’est d’abord vers la littérature qu’il se tourne malgré des dons musicaux évidents. Son père meurt en 1826 ; pour obéir à sa mère il suit des cours de droit à l’université de Leipzig , tout en continuant à suivre des cours de piano avec Frédérick Wieck professeur renommé.  Après avoir écouté le célèbre violoniste Paganini , sa vocation de musiciens ‘affirme , il veut lui aussi être virtuose, mais un accident le prive de l’usage  d’un doigt, et c’en est fini de sa carrière. Il se consacre alors à la composition .La plupart des œuvres de Schumann sont consacrées au piano qui est devenu l’instrument roi et qu’ il permet désormais davantage de virtuosité en accord avec l’expressivité débordante des romantiques qui peut être intimiste ou débordante d’expressivité . Les titres des premières pièces de par excellence,  parce que celui- ci a subi de nettes améliorations  Schumann portent des titres évocateurs : « Papillons », « Carnaval » « Album pour la jeunesse », « scènes d’enfants ». Les thèmes sont liés  plus ou moins à tel personnage ou situation du compositeur et la musique lui permet d’exorciser  et de sublimer une situation personnelle difficile. En 1840, après de nombreuses années avant de pouvoir obtenir la main de Clara Wieck  fille de son professeur , exceptionnelle musicienne et 1ère femme pianiste professionnelle au monde, il  l’épouse et trouve enfin une certaine stabilité affective . Ce sera l’année des Lied. En 1841 c’est le domaine symphonique qu’il explore puis la musique de chambre. Des phases très créatives alternent avec des crises  de mélancolie de plus en plus sombres pendant lesquelles il ne peut plus travailler.  Parallèlement il est critique musical et enseigne la direction d’orchestre et la composition  au conservatoire de Leipzig (dirigé par son ami Mendelssohn).  En 1854 il se jette dans le Rhin pour mourir. Il est repéché  et meurt à l’asile en l856.
Concerto pour piano Martha Argeritch, Ricardo Chailly  



  • Franz Liszt quant à lui est  hongrois. 
    Franz Liszt
Dès l’enfance il se révèle un virtuose du piano. Son père comptable du prince Esterhazy joue de plusieurs instruments et l’initie très tôt à la musique. A l’âge de 9 ans il se produit déjà en public. Elève de Czerny et de Salieri  le jeune Liszt passe 2 années à Vienne où Beethoven   apprécie son talent. Il  donne des concerts à Paris et Londres,  perd son père, vit sa 1ère crise mystique, puis après avoir entendu et rencontré le violoniste Paganini, reprend  sur ses insistances sa carrière de concertiste. En 1832 il rencontre la comtesse Marie d’Agoult dont il tombe éperdument amoureux . Il mène alors une vie errante entre l’Italie, la Suisse et la France. En 1844, le couple décide de se séparer. Engagé comme chef d’orchestre à Weimar, il s’installe dans cette ville chez la princesse Sayn-Wittgenstein , une de ses admiratrices et y demeure une quinzaine d’années. Il y compose une grande partie de son œuvre et fait connaître Wagner, Berlioz et Saint-Saëns . En 1861, il se rend à Rome. 4 ans plus tard,  il endosse les ordres mineures en 1865. Il abandonne sa carrière de virtuose et compose ses grandes pièces religieuses., tout en se consacrant au professorat . Ses dernières années sont partagées entre Rome Budapest, Weimar Il meurt à Bayreuth en 1886. Son œuvre inégale, déroutante s’exprime dans tous les genres, à l’exception de l’opéra et du quatuor et dans des contextes très différents: :musique de concert, d’église ou de salon, brillante, intime, révolutionnaire. A coté d’intéressantes pièces pour orgue, il écrit des œuvres pianistiques d’une redoutable virtuosité : Rhapsodies hongroises, 12 études d’exécution transcendante, pièces descriptives ou d’inspiration mystique Années de pèlerinage, sonate en si mineur. Pour l’orchestre, il compose entre autres  12 poèmes symphoniques et 2 poèmes pour orchestre et chœur : Dante symphonie et Faust symphonie. Franz Liszt occupe une place centrale dans le XIXe siècle : il résume les aspirations, les échecs et les éclats du romantisme. 
Vladimir Horovitz " au bord d'une source" 
 
 Au milieu du XIXème , Paris devenu la capitale artistique européenne, attire tous les musiciens virtuoses et compositeurs. Ils viennent d’Italie d’Allemagne, d’Europe centrale. 

Frédéric  Chopin ( 1810-1849)
Le pianiste polonais Frédérique.Chopin fait son entrée dans la capitale en 1830. Rapidement sa musique trouve sa place dans les  salons parisiens. Il découvre une vie artistique éblouissante, rencontre Franz Liszt ,Berlioz, le peintre Delacroix et des poètes comme Victor Hugo et Lamartine qui deviennent ses amis .
En 1836, il tombe amoureux de la romancière Georges Sand  avec laquelle il partagera l’existence jusqu’en 1847. Usé par la maladie, Chopin meurt emporté par la phtisie,  2 ans plus tard. Il n'a que 39 ans. Pianiste au talent exceptionnel, il a surtout écrit pour son instrument : des valses, des nocturnes, des préludes, des ballades, des études. Il en a exploré des sonorités nouvelles puisant son inspiration dans  les rythmes et les mélodies de sa Pologne natale (mazurkas et Polonaises).Il interprète ses œuvres avec un rubato unique ( qui signifie temps volé), c’est à dire qu’il accélère certaines notes pour en ralentir d’autres. Sa musique semble frémir «  comme les ondoiements des feuilles dans les arbres », disait Franz Liszt du jeu de Chopin.  
Ballade N°1 , Vladimir Horowitz

En France, c'est Hector Berlioz (1803- 1869) qui représente le mouvement romantique, à l 'image de sa vie tumultueuse. Son premier chef d’œuvre " la symphonie fantastique"retrace les phases de son amour malheureux  pour Harriett Smithson, une actrice irlandaise. Personnifiée en 5 mouvements par une phrase musicale (idée  fixe). Il fait sonner l'orchestre comme personne ne l'avait fait avant lui, avec force, fougue et exubérance . Ses œuvres suivantes Harod en Italie, le Requiem (1837) déroutent les auditeurs et reçoivent un accueil réservé. Son ambition dans l'opéra ne sera que succession d'échecs. . Après" Benvenuto Cellini "c'est au tour de la "damnation de Faust" d'être huée.  
Aigri de n'être compris et apprécié qu'à l'étranger, en Angleterre, en Russie et à Weimar (on retrouve son influence  dans la musique de Wagner et chez les compositeurs  de l'école russe), il ne pourra jouir de son vivant de la gloire à laquelle il espérait . Elle  n'arrivera qu'après sa mort. Nous lui devons le 1er traité d'orchestration (1844). il y décrit chaque instrument et leur utiliisation collective au sein de l'orchestre.   
Symphonie fantastique V Mouvt dir. L .Bernstein  






    

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