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Par des rues de pluie, et je crois
Que chaque passant que je croise
voit dans mes yeux flamboyer
L'âme radieuse et rédimée.
Je veux en chemin , à tout prix,
Cacher à la foule ma joie,
je l'emporte en hâte chez moi;
Je la ferme au profond des nuits
Comme un coffre doré.
Puis je me retire de son ombre,
Pièce après pièce, ses trésors
Et ne sait plus où regarder;
Car chaque recoin de ma chambre
est surchargé, surchargé d'or.
C'est une richesse infinie
Comme jamais n'en vit la nuit
Ni n'en a baigné la rosée;
Et plus que première épousée
Jamais ne reçut d'amour.
Ce sont de riches diadèmes
Avec pour pierres des étoiles
Nul ne sait , je suis , ô toi,
Parmi mes trésors comme un roi,
Et je sais qui est ma reine.
(Correspondances), Munich 9 juin 1897

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