Dans ma liste d'auteur à découvrir, se trouvait Aaron Appelfeld.
Ainsi commence ce récit d'une sinistre métamorphose : celle d'une station thermale fréquentée par la bourgeoisie juive en antichambre de la "délocalisation" vers la Pologne."
La rencontre avec l'auteur n'a pas eu lieu, comme s'il y avait trop de distance
Peut-être que cette distance que j'ai ressentie dans ma lecture est celle dont l'auteur a besoin, pour écrire sur cette période trop brûlante....je m'interroge. Son écriture rencontre mon intellect mais pas mon "intelligence du cœur ", cela doit être ça !
Un autre de ses livres me permettra peut-être d'apprécier cet écrivain à sa juste valeur.
Extrait:
Page 84
" Je ne comprends pas dit le commandant . Il y une épidémie de peste ici?
- la peste juive.
- Vous vous moquez de moi?
-Ce n'est pas une farce, essayez de sortir. "
-Il ne s'agit pas de crime , mais de malentendu. Nous aussi , dans une certaine mesure? nous sommes enfermés à cause d'un malentendu.
[...] L'homme était confus.
- Je ne savais pas , excusez-moi ! Tout à coup, on m'a tout arraché. On m' a traîné ici sous le prétexte que je suis juif. Ils voulaient certainement dire juif de l'Est. Mais je suis autrichien ! Mes ancêtres? Je ne sais pas . C'est possible. qui sait? Quelle importance de savoir qui ils étaient . JE réclame votre indulgence, dit-il en se tournant vers le directeur de l'hôtel. "
biographie/aharon-appelfeld
J'ai
hésité devant quelques uns de ses titres, avant de choisir Badenheim 1939 à cause de la date, sans doute. J'espérais remonter avant la déportation de l'auteur, et appréhender derrière la Grande histoire, celle qui coule à travers l’œuvre de cet écrivain israélien, pour prendre, et comprendre le mal à la racine en quelque sorte.
La quatrième de couverture était séduisante :
"A Badenheim, le printemps est un moment de
transition : les ombres de la forêt battent en retraite, la lumière se
répand d'une place à l'autre et les rues s'animent en prévision de la
saison estivale. Mais en cette année 1939, tandis que les premiers
vacanciers déposent leurs bagages à l'hôtel, que Papenheim et son
orchestre arrivent pour le festival de musique, que Sally et Gertie, les
prostituées locales, flânent dans l'avenue, deux inspecteurs du service
sanitaire passent devant la pâtisserie couverte de fleurs.
" Qu'est ce qu'ils nous veulent ?demande un homme à un autres qui vient de s'enregistrer comme juif au service sanitaire.
- C'est difficile à comprendre. Ainsi commence ce récit d'une sinistre métamorphose : celle d'une station thermale fréquentée par la bourgeoisie juive en antichambre de la "délocalisation" vers la Pologne."
Je viens de terminer le livre. Et j'ai envie de dire que je suis restée sur ma faim...
Je m'attendais à autre chose, c'est peut-être cela mon erreur et ce qui expliquerait que je suis peut-être passée à côté du livre.
Le récit est basé sur une lente dégradation des attentes et des espoirs de chacun des personnages et de ce qui faisait finalement toute leur vie. Pourtant la sensation d'étouffement, de sclérose, de paralysie qui
s'empare progressivement d'eux une fois que les craintes et
l'enthousiasme de façade se sont estompés, est bien là. Mais je l'ai éprouvée avec une certaine distance. Je ne peux pas dire que ce n'est
pas un livre troublant, dérangeant. Il l'est. A la juste mesure, de ce
que la pensée nazie avait de pervers. les personnages se défendent comme ils peuvent devant l'arbitraire de la situation. Le plan de
déplacer les populations juives vers la Pologne se met en place très
rapidement. C'est une mécanique bien huilée, qui se met en place et broie chaque identité. Sans doute
est-ce aussi pour cela que l'auteur utilise souvent la même construction
de phrases.Courtes, avec le sujet en première place, puis verbe et complément. Cela donne un rythme répétitif et une
certaine monotonie à la narration. Effet de style... Style tout court, auquel je ne suis pas vraiment sensible.
Peut-être que cette distance que j'ai ressentie dans ma lecture est celle dont l'auteur a besoin, pour écrire sur cette période trop brûlante....je m'interroge. Son écriture rencontre mon intellect mais pas mon "intelligence du cœur ", cela doit être ça !
Un autre de ses livres me permettra peut-être d'apprécier cet écrivain à sa juste valeur.
Je l'espère...
Dommage...
"Je
n'ai pas l'impression d'écrire sur le passé. Le passé en lui-même est
un très mauvais matériau pour la littérature. La littérature est un
présent brûlant, non au sens journalistique, mais comme une aspiration à
transcender le temps en une présence éternelle"
Extrait:
- Page 41
Page 84
" Je ne comprends pas dit le commandant . Il y une épidémie de peste ici?
- la peste juive.
- Vous vous moquez de moi?
-Ce n'est pas une farce, essayez de sortir. "
- Page 114/ 115
-Il ne s'agit pas de crime , mais de malentendu. Nous aussi , dans une certaine mesure? nous sommes enfermés à cause d'un malentendu.
[...] L'homme était confus.
- Je ne savais pas , excusez-moi ! Tout à coup, on m'a tout arraché. On m' a traîné ici sous le prétexte que je suis juif. Ils voulaient certainement dire juif de l'Est. Mais je suis autrichien ! Mes ancêtres? Je ne sais pas . C'est possible. qui sait? Quelle importance de savoir qui ils étaient . JE réclame votre indulgence, dit-il en se tournant vers le directeur de l'hôtel. "
- Page 118:
biographie/aharon-appelfeld
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