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| Simon Hantaï |
Il est encore temps de courir au centre Georges Pompidou voir l'exposition consacrée aux œuvres de Simon Hantaï. Mais dépêchez-vous ! 130 toiles du peintre y sont exposées jusqu'au 2 septembre !
Né en Hongrie en 1922, il étudie à l'école des Beaux-Arts à Budapest. En 1948, il arrive à Paris avec son épouse. La bourse d'étude qu'ils espéraient leur étant refusée, ils décident de ne pas rentrer en Hongrie.
Né en Hongrie en 1922, il étudie à l'école des Beaux-Arts à Budapest. En 1948, il arrive à Paris avec son épouse. La bourse d'étude qu'ils espéraient leur étant refusée, ils décident de ne pas rentrer en Hongrie.
Simon Hantaï fréquente alors les surréalistes. C'est d'ailleurs par l'entremise d'André Breton qu'il expose pour la première fois en 1953 à la galerie de L'Etoile scellée.
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| Simon Hantaï |
Deux années s'écouleront avant qu'il ne se détourne de leur esthétique, se rapprochant d'abord de Georges Mathieu puis de Jackson Pollock dont l'influence est déterminante. Il va ainsi passer par différentes techniques de traitement de la toile (collage et grattage).
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| Simon Hantaï |
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| Simon Hantaï |
La technique consiste à plier la toile de façon très serrée, ce sera la série des peintures nommées "mariales", ou plus lâche , cela donnera naissance à la série des Meuns.
La toile peut être également froissées, nouées . Ce n'est qu'une fois dénouée que l'oeuvre peut se révéler au regard de l'artiste lui même.
Ce qui est frappant c'est le nombre de toiles, traitées de la même façon, et qui forment une variations.
Dans le roman de Milan Kundera le Livre du rire et de l'oubli, il est question du terme musical de "Variation"
"Le voyage des variations conduit au-dedans de cet autre infini, au-dedans de l’infinie diversité du monde intérieur qui se dissimule en toute chose".Je suis très sensible à cette notion de variation, car elle reflète une pluralité de questions et de réponses.
Mais devant les toiles de Simon Hantaï, j'ai eu l'impression que pour lui, ces multiples variations lui permettaient de renouveler le plaisir de la surprise et de l'émerveillement qui devait le gagner au fur et à mesure qu'il déployait la toile devant ses yeux et que les couleurs se révélaient à lui.
La variation lui permet de renouveler l'expérience de cet part d'inconnu qui lui échappe. Pour moi, il questionne la toile et attend qu'elle lui réponde. En tous cas, c'est ainsi que son travail m'interpelle.
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| Simon Hantaï Mariales |
" C'est l'espace entre les feuilles qui fait l'arbre. "
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| Mariales de Simon Hantaï |
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| Gros plan sur une des "Mariales " de Simon Hantaï |
« Comment banaliser l’exceptionnel ? Comment devenir exceptionnellement banal ? » se demande Simon Hantaï.
« Le pliage était une manière de résoudre ce problème. Le pliage ne procédait de rien. Il fallait simplement se mettre dans l’état de ceux qui n’ont encore rien vu, se mettre dans la toile. On pouvait remplir la toile pliée sans savoir où était le bord. On ne sait plus alors où cela s’arrête. On pouvait même aller plus loin et peindre le yeux fermés.»
Avec la série des "Meun " le blanc se répandra de plus en plus ; lâche-t-il prise à ces questions; laisse-t-il davantage de place à l'absence de réponse ? Avec la série Etudes et Blancs
| Simon Hantaï ( Meun 1968) |
| Simon Hantaï (Meun 1968) |
A partir de 1974 le pliage se fait plus géométrique. Cela donne naissance à une nouvelle et dernière série de toiles les "Tabulas".
| Simon Hantaï Tabula |
| Simon Hantaï 1970 par Edouard Boubat |
En 1976, le Musée national d'art moderne de Paris lui consacre une exposition. Mais cette reconnaissance , tout comme celle qui viendra en 1982, alors qu'il représente la France à la biennale de Venise, Simon Hantaï semble en souffrir plus qu'il ne s'en réjouit à tel point que l'artiste préfère sortir de la scène et opérer un repli loin du marché de l'art, refusant même toute nouvelle exposition.Il décède en 2008 à Paris, à l'âge de 85 ans







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