jeudi 11 juillet 2013

La société des jeunes pianistes


Le roman de Ketil  Bjørnstad s'ouvre sur un drame. Lors d'un pique-nique en famille au bord de l'eau, Aksel un jeune pianiste de 16 ans,voit sa mère se noyer devant ses yeux. Foudroyé par cette épreuve, il va trouver refuge dans la  musique. Désormais, il n'aura qu'un seul objectif,satisfaire les ambitieux projets qu'elle nourrissait pour lui et réussir le concours du Jeune Maestro qui se déroule une fois par an à Oslo dans la  salle de réception de l'Université. 
Par petites touches, l'auteur nous révèle les doutes, les angoisses, les sacrifices qu'Aksel partage avec 4 autres finalistes, Anja, Rebecca Margarethe Irene, Ferdinand. Il nous introduit dans le cercle fermé de ces jeunes  musiciens à l'aube d'une carrière qu'ils espèrent tous brillante. Ils pourraient n'être que de simples rivaux, or ils vont pourtant se serrer les coudes, devenir amis et franchir tour à tour les premières étapes qui les conduiront à se produire sur  une scène. 

Ketil Bjørnstad connait bien son sujet. Il a lui même gagné à l'âge de 14 ans ans ce fameux concours. Si la musique classique est comme la rivière au fond d'une vallée et qu'elle irrigue chaque page du roman, celui-ci se nourrit également des tourments qui assiègent le jeune Aksel.

Depuis la mort de sa mère, les rapports familiaux avec son père et sa sœur  ne se sont pas améliorés. On assiste à la dislocation d'une famille qui cherche à prendre de nouveaux repères. Cette période de deuil, qui ramène souvent les pas du jeune Aksel à l'endroit où il a  assisté à  la noyade, correspond à une longue mutation.  Roman initiatique à différents  niveaux. Car de ses doutes,  de sa peur de l'échec qui se mêlent aux aspirations d'un cœur qui vibre pour la jeune et frêle Anja, il devra se libérer tout comme il apprendra à résister au pouvoir que Margarethe Irene exerce sur lui non sans quelque culpabilité. C'est elle qui l'empêche de se laisser aller. Son toucher pianistique s'en ressent. Il lui faudra attendre sa rencontre avec Selma Lynge, professeur émérite pour apprendre à se libérer progressivement de chacune de ses entraves. 

Ce qui semble avoir  intéressé l'auteur, c'était de nous faire partager le cheminement de ces jeunes pianistes. Sur cet autel certains seront sacrifiés. On pourrait déplorer que certains rapports complexes et ambigus n'aient pas été davantage fouillés mais c'est le regard d'un  adolescent encore meurtri, qui découvre aussi le monde des adultes et auquel il manque certaines clés. Tout cela est encore neuf pour lui et beaucoup de choses lui échappent et l'auteur a sans doute préféré laisser au lecteur faire lui même sa propre interprétation.  


Extrait :

« Répéter m'apporte cette part de sens que je recherche. Je peux m'isoler dans la musique, m'enterrer dans les détail, marteler un semblant de colère ou interpréter Chopin pour pleurer toutes les larmes de mon corps...»
Ketil Bjørnstad
4ème de couverture :
« La Société des Jeunes Pianistes », c'est le nom que se sont donné un groupe d'adolescents passionnées, à Oslo, à la fin des années soixante. A la fois amis et rivaux, ils ont en commun l'amour de la musique ; pourtant, un seul remportera les concours du Jeune Maestro. Tous vont subir une terrible pression de leur entourage, mais surtout d'eux-mêmes. La « Société des Jeunes Pianistes » est un roman initiatique, un concert émouvant, une mélodie grave et subtile sur le désir, la vie et la mort.

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