mardi 5 mars 2013

Atterrisage forcé




L’œil vitreux Whip Whitaker, (Denzel Washington)  après une nuit bien arrosée en compagnie d'une jolie femme qui déambule nue,  termine sa vodka avant de s'envoyer un rail de coke. Pas le temps de rêvasser. Quelques minutes plus tard, il quitte sa chambre d'hôtel après avoir enfilé sa veste et sa casquette de pilote de ligne. Quand il monte à bord de l'avion, il est accueilli chaleureusement par la charmante  hôtesse qui partageait son lit précédemment.Contrairement aux préjugés qui pourraient poindre à l'horizon, ce n'est tant l'alcool ni les substances illicites consommées, qui vont poser problème mais le mauvais temps et dans ce cas précis, mauvais est un euphémisme, ( l'on ne voudrait pour rien au monde faire partie du vol.) auquel va s'ajouter la défectuosité de l'appareil,  qui va compromettre l'atterrissage de cet avion.
Kelly Relly 
On va vite le comprendre, notre pilote va assurer. Si la catastrophe est évitée pour la majorité des passagers, six personnes trouveront cependant la mort. L'enquête qui s'ouvre immédiatement après, va poser un certain nombre de questions inévitables. Même si le scénario est efficace, et les effets spéciaux réussis, (on reste scotché à son siège durant  tout l’atterrissage) le film ne s'effondre  pas ensuite.A vrai dire, c'est là qu'il décolle, révélant une palette d'acteurs formidables. Autour de Denzel Washington qui donne une fois de plus le meilleur de lui même,   gravitent John Goodman  en fournisseur de came, Don Cheadle en avocat..

James Badge Dale The 49th New York Film...
James Badge Dal

La scène qui réunit sur un palier d'escalier de service dans l'hôpital où il a été admis, Denzel Washington,  Nicole, une junkie (Kelly Reilly) et un cancéreux (James Badge Dale) autour d'un paquet de cigarettes est un petit moment particulièrement magique; hors du temps, où les masques tombent.


Car si l'empathie  que ressent le commandant Whip Whitaker en présence de ces deux là, et  surtout envers la touchante Nicole, c'est qu'elle lui reflète sa propre fragilité. Ce que le film pointe du doigt,  c'est non seulement le problème des dépendances, quelles qu'elles soient, mais plutôt la prison que deviennent les mensonges que les drogués, alcooliques et  dépendants en tout genre érigent pour sauver la face, alors qu'ils risquent d'y perdre leur âme.



Ce film ne nous présente pas la chute libre d'un avion, qui risque de se scratcher avant d'être sauvé miraculeusement par un pilote chevronné et alcoolique, ce film raconte la chute d'un homme, qui au risque d'être condamné à la prison, va  non seulement devoir affronter une commission d'experts mais surtout se confronter à ses démons. Au cœur de ce film de Robert Zemeckis, (Retour vers le futur,  Forest Gump, Seul au monde ), il y a la rédemption, un  thème  cher à l'Amérique.  
Sera-t-elle aussi celle de son réalisateur dont les derniers films l'ont éloigné de ce qu'il sait le mieux faire? 










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