dimanche 24 février 2013

Salle Pleyel



Mercredi et jeudi dernier, à la salle Pleyel, Emmanuel Ax et l'orchestre de Paris placé sous la direction de Ingo Metzmacher ont donné en première partie le 17ème concerto de Mozart en sol Majeur, K.453.
 Avec Mozart, le bonheur est toujours  assuré, rien n'était plus simple que de lire sur  le visage d'Emmanuel Ax et des musiciens le plaisir qu'ils éprouvaient à jouer cette œuvre.  
Ingo Metzmacher
L'évidente facilité avec laquelle Mozart semble s'amuser au gré des tonalités, derrière des associations de timbres toujours renouvelées, est un délice subtile dont je ne me lasse pas. Discours limpidel'architecture du concerto bien sûr, s'y prête, permettant de magnifiques alternances entre passages plus sombres plus particulièrement  dans le deuxième mouvement  qui réserve de belles originalités.  C'est un petit bijou. 
Pour ceux qui l'ont raté, il suffit d'écouter cet enregistrement, avec Emmanuel Ax quelques années plus tôt. 




Et jeudi soir, après plusieurs rappels, ce pianiste d'origine polonaise, ( premier prix du concours Arthur Rubinstein à Tel Aviv en 1974 ) a quitté un public conquis après avoir donné en bis le 2ème Impromptu, op 142, de Schubert. Sa générosité, sa délicatesse, la fougue de son tempérament nous ont permis d'accéder à un moment de grâce.

Comblée, j'allais le rester encore durant plusieurs minutes après le début de la 3ème messe en fa mineur (1868), d'Anton Bruckner.(1824-1896)
Si l’œuvre instaure dès les premières mesures une ambiance forte, et particulièrement sombre, , au fur et à mesure que s'enchainaient les différentes parties de la messe, je me suis fermée progressivement malgré toute ma bonne volonté à cette œuvre aux proportions grandioses. Malgré la beauté de certains passages, (avec de belles sonorités du chœur a capella par exemple) ou dans le kyrié duo entre les solistes Chen Reiss (soprano) et Johannes Weisser (basse)  . Masse sonore, gros effets. J'en ai eu une une sorte d'indigestion.

Werner Güra
Après le Kyrié, il me fallut patienter jusqu'au Bénédictus pour sortir de de mon malaise, de ma torpeur protectrice entre ennui et agacement avant de retrouver l'émotion qui m'avait saisie dès les premières mesures. Et c'est ce mouvement là que je garderai comme le sommet de cette messe. On  pense immédiatement à Mahler, (1860-1911)  avec une longue introduction aux cordes d'une grande expressivité avant que n'entrent successivement la mezzo soprano Renata Pokupic, la soprano Chen Reiss, le ténor Werner Güra, (à la voix claire et superbe) et enfin  la basse Johannes Weisser
Le Hosanna qui lui succède avec fougue et puissance, me laissa à nouveau indifférente.  Sur le moment j'en suis ressortie mitigée. Je n'avais qu'un désir écouter à nouveau certains passages de cette œuvre et pour mieux comprendre ce qui m'avait échappée avec la partition.
 Sur you tube, la version de Sergiu Célibidache m'a littéralement comblée. Non seulement l'émotion ressentie pendant le concert, m'a envahie de nouveau, mais j'en ai saisi l'architecture harmonique et contrapuntique. Cet enregistrement  nous donne  accès à  la richesse de la partition portée par un grand chef.    





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