
Lorsqu'il s'installe cette même années à Paris, c'est donc avant tout comme théoricien de la musique et philosophe qu'il y est accueilli. Jusque là, il n'a écrit que son premier recueil de clavecin, quelques motets et quelques cantates. Jean Philippe Rameau a alors 39 ans, il lui reste plus de 40 années à vivre.C'est une chance car à la différence de Bach, Haendel ou Vivaldi il a besoin de murir avant de produire ses plus grands chefs-d’œuvre.
Nous sommes en 1722 et Louis XV vient d'être sacré roi de France. La musique n'a alors qu'un seul but celui de faire oublier l'austérité qui a été prévalu durant la fin du règne de Louis XIV. Dans l'univers musical de cette époque, lL'opéra occupe la première place. Faute de trouver un accord avec le poète. Houdar de la Motte qui décline ses propositions, Rameau fait paraître son Deuxième livre de pièces de clavecin (1724) et commence à écrire des musiques de scène.
En 1725 à l''occasion de la venue à Paris d’un groupe d’Indiens des Amériques qui se produit au théâtre de la Foire St-Germain, il compose " les Sauvages". C'est un succès. Rameau développera les thèmes musicaux dans l'opéra -ballet les Indes Galantes quelques années plus tard.
L'année suivante, il poursuit ses publications avec le "Nouveau Système de musique théorique" Il épouse Marie-Louise Mangot fille d'un symphoniste du roi et d'une danseuse de ballet; qui n'a que 19 ans, avec laquelle il aura 4 enfants. Il tient alors les orgues du Noviciat des Jésuites à Sainte-Croix de la Bretonnerie. .
Dans la même année, il fait la connaissance d'un mécène, fermier général : Le Riche de la Pouplinière. A partir de 1731, celui-ci va proposer à Rameau de diriger son orchestre et de donner des leçons de musique à son épouse. Dans leur hôtel particulier Rameau y rencontrera l'abbé Pellegrin, et Voltaire. qui devient le librettiste de son premier opéra Samson ( 1731), malheureusement censuré. Rameau aura plus de chance avec l'Abbé Pellegrin qui lui offre le livret d'"Hipollyte et Aricie " créé en 1733 à l'Académie de musique. Immédiatement cet opéra enthousiasme le public. A partir de là, le succès ne le quitte plus. Mais la modernité qu'apporte Rameau ne lui attire pas que des partisans. Il est d'abord violemment critiqué par les admirateurs de Lully, avant d'être considéré comme son successeur lorsque la fameuse «Querelle des Bouffons» éclatera.
| Louis XV |
Après avoir publié son 3ème recueil de pièces pour clavecin ( en1728), il publie en 1741 ses pièces de clavecin en concert. Le clavecin demeure l'instrument dominant, mais il y adjoint le violon, ou la flute et le violoncelle. Pièce de clavecin en concert " La timide "
Vient ensuite Platée, une comédie ballet créé à Versailles, en 1745, date à laquelle Rameau est nommé Compositeur de la musique du Cabinet de Roi. C'est aussi à cette époque que Madame de Pompadour devient la maitresse du Roi. Claveciniste, favorable aux musiciens, elle s'opposera à Rameau dans la "querelle des Bouffons", et prenant parti pour l'opéra italien contre l'opéra français, incarné par Rameau et défendu par le Roi..
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| Madmae de Pompadour |
Dans sa "Lettre sur la musique française", datée de 1753, le philosophe suisse qui est aussi compositeur, critique sans ménagement l'opéra français et qui manque de simplicité, de naturel de pittoresque de légèreté. C'est Rameau qu'il vise.
Pour Rousseau, l'harmonie ne doit être qu'un support de la ligne mélodique. Rameau lui, défend la position contraire et répond « C'est à l'harmonie seulement qu'il appartient de remuer les passions; la mélodie ne tire sa force que de cette source dont elle émane directement ».
Pendant cette période Rameau continue de composer : le temple de la Gloire (opéra ballet dont le livret est de Voltaire), puis les fêtes de l'Hymen et de l'Amour ( 1747), Zaïs pastorale héroïque, les surprises de l'amour (1748), Naïs, Zoroastre, les paladins ( 1757)
Rameau n'est pas d'un caractère accommodant. Seul la musique le préoccupe. C'est un être libre de tous préjugés, trop autonome, trop authentique sans doute , ce qui explique qu'il n'a pas toujours été compris par ses contemporains.
Il meurt le 12 septembre 1764 à 81 ans et est inhumé à St-Eustache auprès de Lully, avant d'avoir pu créer
sa dernière tragédie lyrique Les Boréades

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