mercredi 26 juin 2013

« Eloge du mariage, de l’engagement et autres folies. »







L'idée du mariage a été revue et corrigée ces derniers temps. Je me tiendrai à l'écart de la polémique pour partager l'hymne à l'engagement amoureux au travers le mariage  tel que le concevait Christiane Singer. 
Paru en 2000, ce texte est sans doute l'un des plus beaux qu'il m'ait été de donné de lire sur le sujet.  

Depuis le  XXème siècle le mariage découle d'un amour partagé qui cherche à se projeter dans le futur avec l'assentiment et la reconnaissance de la société.
Derrière les apparats du jour J, il y aura un monde à deux  à partager et à apprivoiser. La sagesse de Christiane Singer est de nous rappeler quelques uns des écueils à éviter une fois le mariage contracté. Il ne s'agit cependant pas d'un livre de recettes comme on pourrait en trouver. La poésie qui irrigue sa plume, dissipe à elle seule cette idée. Elle va plus moins. Ce que cherche à transmettre l'auteur derrière son amour de la vie, c'est son rapport à l'autre, le respect à sa différence, à son espace et à sa liberté. 

Au cœur de cet enjeu fou, le désir qui réunit deux êtres avides de tout partager pour avancer ensemble.  Comme l'écrit l'auteur,  le mariage ne peut être envisagé que comme une danse. A certains égards, j'ai retrouvé certaines de ces idées développées différemment  dans le livre  d'Eric Fromm qui considère  que l'art d'aimer doit se pratiquer avec rigueur et assiduité et une certaine disponibilité.  

Cette idée de l'amour et de l'art d'aimer,interpelle chacun. Car chacun cherche sans doute à se rapprocher de cette vision qu'il porte en lui de l'amour partagé. Ce qui intéresse Christiane Singer, c'est comment ce lien à travers le mariage peut résister à l'usure du  temps.
Elle  nous fait part de son expérience, de sa foi, de sa quête, de son exigence vis à vis d'elle même.  Un grand texte , dont je vous livre quelques extraits :


 « Le mariage d’amour est une " discipline lumineuse" ,  un engagement dont on ne peut se défaire sous prétexte que l’union est rompue. Lorsqu'un homme et une femme ont baigné dans cette intimité infinie qu’est la vie à deux, rien ne peut détruire ce lien, même une rupture, qui, reconnaît-elle, est parfois salutaire. « Quand survient une séparation, il faut s’incliner devant l’autre et lui dire : “Quelque chose n’a pas marché entre nous, mais pour ce qui a été notre gloire d’amour, je te remercie.” Plus fort encore, quand du deux est né le trois, l’alliance est indestructible, même dans tous les abandons. »

« …Si l’un des époux ne supporte pas que l’autre vibre, vive et aime en dehors de sa présence, s’il se met à rêver d’être la seule source de son bonheur, il peut avoir au moins une certitude : celle de devenir très vite la seule source de son malheur. »
« Impossible de prendre les commandes de ta vie, de m’immiscer entre toi et ta peau, de glisser mon doigt entre ton écorce et ton aubier. Je ne peux que t’assurer de ma loyauté – ne jamais laisser tarir le dialogue entre nous, le raviver de neuf chaque jour. Mieux encore : je ne peux que respecter l’espace dont tu as besoin pour grandir. Te mettre à l’abri de ma trop grande sollicitude, de tout envahissement de ces rhizomes souterrains que sont les discrètes et indiscrètes manipulations de l’amour. »



« Impossible de prendre les commandes de ta vie, de m’immiscer entre toi et ta peau, de glisser mon doigt entre ton écorce et ton aubier. Je ne peux que t’assurer de ma loyauté – ne jamais laisser tarir le dialogue entre nous, le raviver de neuf chaque jour. Mieux encore : je ne peux que respecter l’espace dont tu as besoin pour grandir. Te mettre à l’abri de ma trop grande sollicitude, de tout envahissement de ces rhizomes souterrains que sont les discrètes et indiscrètes manipulations de l’amour. “Veuillez, Monsieur, ne pas nous imposer une forme de bonheur qui n’est pas la nôtre.” Cette prière, qu’adressait un pacha d’Algérie à quelque gouverneur des colonies à la fin du siècle passé, résonne loin.
Jamais, quoi que je fasse, je ne serai celui ou celle qui mâche ton pain, boit ton eau, jamais je ne respirerai pour toi. Jamais ta peau ne m’invitera à m’y glisser. Jamais je ne tisserai pour toi les fils de tes rêves ni de tes pensées. Et comme tu étais seul à ta naissance, tu seras seul devant ta mort et seul, mille fois, dans les nuits d’insomnie quand un chien aboie au loin ou quand une voix que tu es seul à entendre t’appelle. Vouloir me perdre en toi, me jeter en toi, corps et biens, avec tous mes meubles et mes trésors. T’envahir. Te combler. Te faire gardien de mes propriétés ! Il n’est pire cruauté.Car tu as une vocation, unique, une œuvre à mener à bien.Toi-même. 
Et pour cela, il te faut tout l’espace qui est en toi.»

2 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. En faisant une fausse manip, j'imagine maladroitement je pense s'ai supprimé votre magnifique témoignage alors que j'e m’apprêtais à y répondre. Je suis déçue et frustée, et je tenais à vous exprimer toutes mes excuses...
      Certains écrivains continuent d'exister en dehors de leurs écrits, parce qu'ils sont aussi des passeurs de vie, de par les rencontres et les liens que leurs livres tissent .

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