jeudi 24 janvier 2013

Quatuor



Second violon du quatuor  londonien Maggiore, Michael a gardé  de son départ brutal et précipité de Vienne dix ans plus tôt, une nostalgie et le regret d'avoir perdu celle qui continue de hanter ses rêves.  Aucune femme, aucune musicienne ne semble pouvoir la remplacer, jusqu'au jour où il va reconnaître son visage derrière la vitre d'un autobus londonien.
 L'auteur pourrait se contenter d'emmener ses lecteurs sur les rives de cet amour qui renait de ses cendres.  Cela pourrait  sonner agréablement  et gentiment à nos oreilles. Chapitres courts. Quelques  rebondissements...mais chut.
Ce qui m'a plu, ce n'est pas  la résurgence de cet amour perdu, qui vient à nouveau illuminer  la vie de Michael. Non, ce qui fait la force de cette romance pardon de ce roman,  c'est comment  l'auteur dépeint  le monde de la  musique classique. 
Beethoven, Schubert y ont la part belle sans oublier, Bach  et les problèmes techniques qui résultent de l'exécution.de son monument, l'art de la fugue. Vikram Seth nous en parle comme s'il avait tenu un violon toute sa vie.  
Il nous fait partager la vie du quatuor, leurs répétitions, les salles de concerts, la précarité du métier, comment ils arrivent à  laisser derrière eux leur vie privée, pour s'immerger dans le texte musical avant de devenir le temps d'un concert des passeurs,  les liens qui perdurent avec  leurs  anciens professeurs, combien certaines incompréhensions subsistent ,quels liens ils entretiennent avec leurs agents, mais aussi avec leurs instruments. C'est plus qu'une amitié qu' entretient Michael avec son  Tononi,  ( un  violon du XVIIème fabriqué  par un  luthier originaire de Bologne, qui passa une partie de sa vie à Venise) qui ne lui appartient pas, mais sur lequel il joue depuis des années. 
C'est justement à Venise, que Michael prendra conscience qu'il ne pourra garder  plus longtemps Julia. Malgré certaines pages poignantes, le récit  s'essouffle, tout comme cet amour sans issue.
l'art de la fugue by the fine arts string quartet
Photo: Meeta Ahlawat
 

Quatrième de couverture :
 Peut-on manquer sa vie en un instant d'aveuglement, faute d'avoir su saisir l'amour quand il s'offrait ? Violoniste londonien, Michael ne peut oublier Julia, la pianiste connue à Vienne, où ils se produisaient ensemble. Et voilà que, des années plus tard, il aperçoit dans un autobus celle dont il avait perdu toute trace. La retrouver, la reconquérir : tel va être désormais son but. Un désir ardent qui les ramènera à Vienne, puis à Venise... Mais n'est-il pas trop tard, et le drame intime que vit Julia peut-il être dépassé ? En même temps qu'un déchirant roman d'amour, l'auteur d'Un garçon convenable nous donne une évocation poétique, inspirée, de l'univers de la musique. C'est le requiem d'un amour perdu qu'orchestre ce Quatuor. Sous l'archet d'un très subtil musicien des âmes.  - André Clavel, L'Express.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire