jeudi 20 décembre 2012

La jouissance de Florian Zeller.



Le roman débute sur les chapeaux de roue. Il continue durant un certain temps sur sa lancée  mais très vite, j'ai eu l'impression qu'il s’essoufflait. L'auteur est brillant, érudit et cultivé. A vouloir, nous le prouver,  cela devient lassant. Du coup, l'intérêt suscité par  le ton des premières pages, s'émousse. Pourtant on peut saluer l'humeur avec lequel l'auteur traite ses personnages et surtout son  personnage masculin Nicolas Il y a vraisemblablement beaucoup de vécu derrière  ces pages.  Le pari de traiter parallèlement de l'évolution d'un jeune couple et de  la création de l'Europe était intéressant . J'étais assez curieuse de voir comment il allait aborder la  métamorphose de la passion amoureuse à l'installation d'un couple dans une relation qui s'installe stabilise et devient plus officielle dès lors que la naissance inattendue d'un enfant . Très vite on voit la relation entre Pauline et Nicolas se déliter progressivement; c'est inéluctable, et cette autopsie du couple n'a malheureusement rien de surprenant. L'auteur regarde tout cela avec une certaine ironie et un certain fatalisme car  Pauline et Nicolas n'ont pas les mêmes besoins; l'un cherche surtout à être rassuré tandis que l'autre veut surtout jouir pleinement de la vie et du moment présent. Je vous laisse deviner qui est qui... Au premier abord tout cela parait  un peu simpliste et réducteur, il est vrai que l'histoire est cousue de fil blanc: ils s'aiment, mais  il la trompe et l'arrivée de l'enfant à l'inverse des générations précédentes, comme le précise l'auteur à juste titre, ne resserre plus les liens du couple , au contraire, puisqu'ils finiront par se quitter. Fait de société...  C'est elle qui en prendra l'initiative. J'ai lu ce livre rapidement; mais à l'arrivée j'étais plutôt déçue, alors que la sconstruction du roman autour de la jouissance, du sacrifice et de la tyrannie qui s'expriment dans le couple et traversent aussi les nations était un parti pris des plus excitants.    
Florian Zeller
Extraits 
" Nicolas a toujours pensé que s'ils étaient complémentaires,c'est qu'avant tout ils n'avaient pas le même rapport au temps. 
Mais comment définir ce rapport? [...] 
Je suis convaincu qu'on découvrirait l'existence de trois catégories d'être: les nostalgiques (qui destinent l'essentiel de leurs pensées  au passé), les jouisseurs ( qui selon la terminologie contemporaine du bien-être, vivent l'instant présent), et les angoissés ( dont la plupart des réveries sont tournées vers l'avenir). On pourrait évidemment faire des sous- catégories  et mettre par exemple, les ambitieux sous la catégorie des angoissés, puisque c'est bien vers l'avenir qu'ils ne cessent de regarder. - ce qui nous permettrait de souligner que l’angoisse est le moteur secret de l'ambition. " 
   

"Mais pourquoi cherche-t-elle des preuves ? Elle essaie de se persuader que la sagesse, c'est aussi d'accepter de ne pas voir certaines choses. Quel homme survivrait à l'examen attentif de ses mails ? "

4ème de couverture : 
L'histoire commence là où toutes les histoires devraient finir : dans un lit. Nicolas vit depuis deux ans avec Pauline, ce n'est donc pas la première fois qu'ils se retrouvent l'un en face de l'autre et qu'elle lui fait un sourire équivoque en lui prenant la main. Ce sont des gestes qu'ils connaissent par cœur, des gestes qui peuplent le territoire des choses familières et rassurantes.
Ce jour-là, pourtant, quelque chose d'inédit se produit. Il est allongé sur le dos et Pauline, qui vient de retirer son soutien-gorge, ferme légèrement les yeux, comme elle a l'habitude de le faire quand le plaisir commence sa douce anesthésie du monde. Soudain, la couette se soulève, et une troisième tête apparaît.
 
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