vendredi 5 octobre 2012

Jean Philippe Rameau ( 1683 - 1764)


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Théoricien de la musique, Jean-Philippe Rameau est  l'une des figures les plus intéressantes de l'art musical  en France  au même titre que  Berlioz (au XIXè) et Debussy (au XXè.). Tout comme Bach, c'est un précurseur de la musique moderne. 

Né  à Dijon en 1683, c'est son père organiste, qui lui enseigne la musique. Ses études générales ne le passionnent pas, seul la musique l'intéresse. A 18 ans,  son père décide de l'envoyer en Italie, afin qu'il approfondisse ses connaissances musicales. Il ne restera que quelques mois à Milan.  De retour en France, il fait partie d'une troupe ambulante et joue du violon .Successivement organiste à Avignon, puis à Clermont-Ferrand,  il gagne Paris en 1705. Il y fréquente le célèbre organiste Louis Marchand, titulaire de l'orgue  des cordeliers. Un an plus tard, Rameau publie son  Premier livre de clavecin. Mai n'ayant pu obtenir de poste d'organiste à Paris, il accepte en 1709 de prendre la succession de son père à Dijon. Sans doute s'y ennuie t-il aussi, car  une fois de plus, il rompt son contrat et repart à Lyon où il devient  organiste. Curieusement, il ne composera aucune pièce pour cet instrument. alors qu' il en écrira  une soixantaine pour le clavecin. 

En 1722, il publie son traité d'harmonie réduite à ses principes naturels.  Homme de son époque,  il cherche avant tout à y énoncer avec clarté les règles de l'harmonie, comme personne ne l'a fait avant lui Il  y explique "Les lois de la composition musicale", comment par exemple l'accord parfait majeur est constitué des premiers sons harmoniques naturels, classe les accords par famille et fonde le principe du système tempéré. Sa théorie changera l'enseignement de la musique et reste toujours d'actualité. 
Lorsqu'il s'installe cette même années à Paris, c'est donc avant tout  comme théoricien de la musique et philosophe qu'il y est accueilli. Jusque là, il  n'a écrit que son premier recueil de clavecin, quelques motets et quelques cantates. Jean Philippe Rameau a alors 39 ans, il lui reste plus de 40 années à vivre.C'est une chance car à la différence de Bach, Haendel ou Vivaldi il a besoin de murir avant de produire ses plus grands chefs-d’œuvre. 
Nous sommes en 1722 et Louis XV vient d'être sacré roi de France. La musique n'a alors qu'un seul but celui de faire oublier l'austérité qui a été prévalu durant la fin du règne de Louis XIV.  Dans l'univers musical de cette époque, lL'opéra occupe la première place. Faute de trouver un accord avec le poète. Houdar de la Motte qui décline ses propositions, Rameau fait paraître son  Deuxième livre de pièces de clavecin  (1724)  et commence à écrire des musiques de scène. 
En 1725 à l''occasion  de la venue à Paris d’un groupe d’Indiens des Amériques qui se produit au théâtre de  la Foire St-Germain, il compose " les Sauvages". C'est un succès. Rameau développera les thèmes musicaux  dans l'opéra -ballet les Indes Galantes  quelques années plus tard.


L'année suivante, il poursuit ses publications avec le "Nouveau Système de musique théorique" Il  épouse Marie-Louise Mangot fille d'un symphoniste du roi et d'une danseuse de ballet; qui n'a que 19 ans, avec laquelle il aura 4 enfants. Il tient alors les orgues du Noviciat des Jésuites à Sainte-Croix de la Bretonnerie.
Dans la même année, il  fait la connaissance d'un mécène, fermier général : Le Riche de la Pouplinière.  A partir de 1731, celui-ci va proposer à Rameau de diriger son orchestre et de donner  des leçons de musique à son épouse. Dans leur hôtel particulier Rameau y rencontrera l'abbé Pellegrin, et Voltaire. qui devient le librettiste de son premier opéra Samson ( 1731), malheureusement censuré.  Rameau aura plus de chance avec l'Abbé Pellegrin qui lui offre le livret d'"Hipollyte et Aricie " créé en 1733 à l'Académie de musique. Immédiatement cet opéra enthousiasme le public. A partir de là, le succès ne le quitte plus.  Mais  la modernité qu'apporte Rameau ne lui attire pas que des partisans. Il est d'abord violemment critiqué par les admirateurs de Lully,  avant d'être considéré comme son successeur lorsque la fameuse  «Querelle des Bouffons» éclatera.   
Louis XV
En 1735  c' est au tour des "Les Indes galantesde séduire le public puis Castor et Pollux,tragédie lyrique (1737), Dardanus,   Les Fêtes d'Hébé ou les Talents lyriques (1739).  
Après avoir  publié son 3ème recueil de pièces pour clavecin  ( en1728), il publie  en 1741 ses pièces de clavecin en concert. Le clavecin demeure l'instrument dominant, mais il y adjoint le violon, ou la flute et le violoncelle. Pièce de clavecin en concert " La timide "


Vient ensuite Platée, une comédie ballet créé à Versailles, en 1745, date à laquelle Rameau est nommé Compositeur de la musique du Cabinet de Roi. C'est aussi à cette époque que Madame de Pompadour devient la maitresse du Roi. Claveciniste, favorable aux musiciens, elle s'opposera à Rameau dans la "querelle des Bouffons", et prenant parti pour l'opéra italien contre l'opéra français, incarné par Rameau et défendu par le Roi..
Le portrait de la marquise de Pompadour à la loupe
Madmae de Pompadour
Au cœur  de la polémique, on trouve les encyclopédistes Diderot, et Jean-Jacques Rousseau ; à son origine il y a le renouvellement qu'apporte les italiens avec l'Opéra-Bouffe. Dès les premières représentations, le public français a été conquis par les péripéties comiques que les italiens  intègrent au spectacle.
Dans sa "Lettre sur la musique française", datée de 1753,  le philosophe suisse qui est aussi compositeur,  critique sans ménagement  l'opéra français et qui manque de simplicité, de naturel de pittoresque de légèreté. C'est Rameau qu'il vise.
Pour Rousseau, l'harmonie ne doit être qu'un support de la ligne mélodique. Rameau lui, défend la position contraire et répond « C'est à l'harmonie seulement qu'il appartient de remuer les passions; la mélodie ne tire sa force que de cette source dont elle émane directement ».
Pendant cette période Rameau continue de  composer :  le temple de la Gloire (opéra ballet dont le livret est de Voltaire), puis les fêtes de l'Hymen et de l'Amour ( 1747), Zaïs pastorale héroïque, les surprises de l'amour (1748), Naïs, Zoroastre,  les paladins ( 1757)

Rameau n'est pas d'un caractère accommodant. Seul la musique le préoccupe. C'est  un être libre de tous préjugés, trop  autonome, trop authentique sans doute , ce qui explique qu'il n'a pas toujours été compris par ses contemporains.
Il meurt le 12 septembre 1764 à 81 ans et est inhumé à St-Eustache auprès de Lully,  avant d'avoir pu créer sa dernière tragédie lyrique Les Boréades

 





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