dimanche 30 septembre 2012

Remiremont la coquette"



Berceau de mon enfance, cette petite ville de province se niche au cœur du département des Vosges. Avec ses 8500 habitants c'est la 4ème ville du département,  après Épinal, St-Dié et Gérardmer.
© Emmanuelle Souffan
Pour trouver l'origine de son nom, il faut remonter au VIIème siècle : un noble de la cour d'Austrasie, Romaricembrasse la vie monastique et décide de s'installer sur le St-Mont  où il  fait construire un monastère.  C'est la contraction de ces 2 termes  qui donnera son nom à la future ville qui va alors s'étendre aux pieds de la montagne.
Au St-Mont,  moines et moniales y vivent  selon la règle de Saint Colomban. Deux siècles plus tard, les religieuses quittent la montagne pour s'installer dans l'enceinte de la ville, située sur la rive gauche de la Moselle et c'est leur présence qui au fil des siècles va favoriser le l'expansion de la ville.
Parallèlement à son  développement, la vie de religieuses  va  progressivement évoluer d'une vie monastique stricte à une vie de chanoinesses séculières et féodales. 
Soumises à l'autorité du Saint-Siège pour le  "spirituel"   elles dépendent de l'Empereur pour le "temporel". 
Or la distance qui sépare ces 2 autorités permet à l'Abbesse de diriger comme elle le désire cette communauté de  femmes,  issues de  la meilleure noblesse. En dehors des offices  religieux et de certaines obligations, les chanoinesses bénéficient d'une grande liberté d'action;  leur vie  ressemble à celle de  femmes du monde. Par ailleurs la richesse de leurs biens et de leurs domaines  leur confère autorité, prestige et  influence.
Au XIIIe, c'est à Remiremont qu' Elisabeth de Bourgogne se marie avec l'empereur du Saint Empire.  Quelques années après, celui -ci  accordera à l' Abbesse le titre de princesse d'Empire.

"le Palais abbatial" © Emmanuelle Souffan
© Many Souffan
Abbatiale du XIII















Avec la Révolution  française, l'abolition des privilèges et des droits seigneuriaux ( en 1789) conduisent  un an plus tard à la suppression des monastères.
Le Chapitre de Remiremont perd alors son existence légale. Le 7 Décembre 1790, les scellés sont apposés sur l'église abbatiale.
 Suite au départ des Chanoinesses, Remiremont prend  alors en main son propre destin . La ville devient Chef lieu de district de 1790 à 1795,  et se nomme  "Libre-Mont".



"Le Volontaire" 
C'est à cette époque que commence l'immigration des juifs vers les Vosges. Rappelons qu'il  aura fallu attendre 2 ans après la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, qui  assure entre autres la liberté d'opinion y compris religieuse pour que les juifs puissent bénéficier des mêmes droits que les autres Français.( grâce à l'action de l'abbé Grégoire, curé d'Emberménil, un village près de Lunéville ).
La plupart  d'entre eux  sont des colporteurs ; ils viennent d'Alsace et du nord de la Lorraine. Mais on trouve aussi des fabricants de tissu, bouchers, marchands de bétail ou de chiffons. Très vite, ils cherchent  à s'intégrer  et durant plus de 80 ans, leur nombre ne cessera d'augmenter.(En 1873 on peut en dénombrer 1839 ) On compte 12 communautés établies dans  les villes de  Bruyères Charmes, Épinal, Gérardmer, Lamarche, Neufchâteau, Rambervillers, Raon l'étape,  Saint-Dié, Senones, Le Thillot et  Remiremont.
En 1873,  la communauté juive de Remiremont  va d'ailleurs y édifier une synagogue. Deux ans plus tard,  le consistoire  nommera le  rabbin Isaac Bloch, à la tête de la communauté, c'est dire son importance. Celui- ci deviendra par la suite Grand Rabbin de Nancy puis Grand rabbin d'Alger de 1882 à 1890
Pourtant, dès la fin du XIXème, les  premiers signes du déclin des communautés.juives des Vosges s'amorcent, certains de ses membres ayant gravi  les échelons de l'ascension sociale, choisissent alors de partir pour des villes comme Nancy ou Paris.
Remiremont
la Synagogue
Pendant la seconde mondiale, ce phénomène s'amplifie encore. Les lois antijuives, poussent certains à rejoindre la zone Libre, alors que des juifs d'Alsace-Lorraine viennent  trouver refuge  dans le département.
Synagogue de Remiremont 

 De 1942 à 44,  563 juifs y sont arrêtés  pour être déportés au camp d'Écrouves, près de Toul, avant de partir vers les camps de la mort.  Seulement 5 % d'entre eux survivront.
A Remiremont , c'est 41 juifs  qui seront  arrêtés, internés à Drancy puis exterminés à Auschwitz-Birkenau,  entre 43 et 1944.  Leurs noms figurent sur le Monument aux Morts de la ville. 
Une trentaine d'années plus tard , le bâtiment de la  synagogue de Remiremont est vendu à un particulier avant d"être démoli  en1970 . Les  vestiges visibles se trouvent actuellement à la synagogue-musée de Bruyères et les bancs des fidèles servent dans l'oratoire de la synagogue d'Épinal. 
 
http://www.remiremont.fr/accueil

Mais laissons nous guider à travers les rues de la ville et ses alentours. 




 









et  poursuivons la balade...






sur la piste verte
















































4 commentaires: