lundi 20 août 2012

Pour l'amour de la langue française, suivez le guide...

"Le subjonctif est l’univers du doute, de l’attente, du désir, de l’espérance, de tous les possibles…"C'est cette phrase  qui m'a poussée à emprunter  à la bibliothèque les 2 premiers opus des contes grammaticaux d'Erik Orsenna. Je ne l'ai pas regretté. Ces cousins du petit prince, dégagent beaucoup de poésie.

Dans " la grammaire est une chanson douce" la narratrice, Jeanne, une fillette de 10 ans  et son frère de 14 ans,échouent sur une île mystérieuse, alors qu'ils  traversaient l'Atlantique en paquebot pour se rendre chez leur père.  Avec  monsieur Henri, un musicien- poète, ils vont pouvoir  faire la connaissance de ses habitants, les mots.

Quatrième de couverture: Elle était là, immobile sur son lit, la petite phrase bien connue, trop connue : Je t'aime. Trois mots maigres et pâles, si pâles. Les sept lettres ressortaient à peine sur la blancheur des draps. Il me sembla qu'elle nous souriait, la petite phrase. Il me sembla qu'elle nous parlait : - Je suis un peu fatiguée. Il paraît que j'ai trop travaillé. Il faut que je me repose. - Allons, allons. Je t'aime, lui répondit Monsieur Henri, je te connais. Depuis le temps que tu existes. Tu es solide. Quelques jours de repos et tu seras sur pied. Monsieur Henri était aussi bouleversé que moi. Tout le monde dit et répète « Je t'aime ». Il faut faire attention aux mots. Ne pas les répéter à tout bout de champ. Ni les employer à tort et à travers, les uns pour les autres, en racontant des mensonges. Autrement, les mots s'usent. Et parfois, il est trop tard pour les sauver.

Extrait :

"Une phrase, c'est comme un arbre de Noël. Tu commences par le sapin nu et puis tu l'ornes, tu le décores à ta guise... Jusqu'à ce qu'il s'effondre. Attention à ta phrase : si tu la charges trop de guirlandes et de boules, je veux dire d'adjectifs, d'adverbes et de relatives, elle peut s'écrouler aussi."
 "  Attention si tu commences avec la musique, c'est pour la vie, tu ne pourras plus t'en passer. "
 " Les vrais amis des phrases sont comme les fabricants de collier. Ils enfilent des perles et de l'or. Mais les mots ne sont pas seulement beaux. Ils disent la vérité. "
"Un écrivain a pour métier la vérité. Laquelle a pour meilleurs amie la liberté. " 






Avec les chevaliers du Subjonctif, évidemment nous retrouvons Jeanne, et son frère. Cette fois, tout en menant une enquête sur l'amour, elle devient l'assistante  d'un cartographe. Ils survolent en planeur les îles de l'archipel. L'île du subjonctif est particulière, à plus d'un titre. C'est la seule qui résiste au  dictateur Nécrole. Mais c'est aussi la seule dont les contours se modifient sans cesse

 Extrait:
" L'île que nous survolons n'est pas comme les autres. Si j'ai bien compris, le subjonctif est l'univers du doute et de l'attente, du désir, de l'espérance, de tous les possibles... comment voulez- vous que l'île du doute, de l 'attente du désir, de l'espérance de tous les possibles aient des contours bien définis ? "

" Le rêve est une bataille, Jeanne. je veux parler des vrais rêves, bien sûr , pas de petits désirs qui nous passent dans la tête et y volettent comme des moustiques.
-  Qu'est-ce qu'un vrai rêve ? 
 - C'est un rêve qui dure. Et s'il dure, c'est qu'il s'est marié. Marié avec la volonté." 

Erik Orsenna
Sur son site Erik Orsenna explique : "Mon ambition est folle : que l’Éducation nationale accepte de remettre en cause son enseignement du français. La rigueur n’implique pas le jargon. Et le respect n’empêche pas le plaisir. Il faut réapprendre la pratique de l’écriture et ne plus seulement passer son temps à disséquer, dessécher. La grammaire n’est pas une morgue. C’est le squelette qui autorise les mouvements de la vie."

http://www.erik-orsenna.com/grammaire_bienvenue.php

http://alexandra.oury.over-blog.com/article-rencontre-avec-erik-orsenna-84208110.html





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