mercredi 29 août 2012

Badenheim 1939

Dans ma liste d'auteur à découvrir, se trouvait Aaron Appelfeld
J'ai hésité devant quelques uns de ses titres, avant de choisir Badenheim 1939 à cause de  la date, sans doute. J'espérais remonter avant la déportation de l'auteur,  et   appréhender derrière la Grande histoire, celle qui coule à travers l’œuvre de cet écrivain israélien, pour  prendre, et comprendre  le mal à la racine en quelque sorte. 

  La quatrième de couverture était séduisante : 
 "A Badenheim, le printemps est un moment de transition : les ombres de la forêt battent en retraite, la lumière se répand d'une place à l'autre et les rues s'animent en prévision de la saison estivale. Mais en cette année 1939, tandis que les premiers vacanciers déposent leurs bagages à l'hôtel, que Papenheim et son orchestre arrivent pour le festival de musique, que Sally et Gertie, les prostituées locales, flânent dans l'avenue, deux inspecteurs du service sanitaire passent devant la pâtisserie couverte de fleurs.
" Qu'est ce qu'ils nous veulent ?demande un homme à un autres qui vient de s'enregistrer comme juif au service sanitaire. 
- C'est difficile à comprendre.  
Ainsi commence ce récit d'une sinistre métamorphose : celle d'une station thermale fréquentée par la bourgeoisie juive en antichambre de la "délocalisation" vers la Pologne."


Je viens de terminer le livre. Et j'ai envie de dire que je suis restée sur ma faim...
Je m'attendais à autre chose, c'est peut-être cela mon erreur et ce qui expliquerait que je suis peut-être  passée à côté du livre. 
Le récit  est basé sur  une lente dégradation des attentes et des espoirs de chacun des personnages et de ce qui faisait finalement toute leur vie. Pourtant la sensation d'étouffement, de sclérose, de paralysie qui s'empare progressivement d'eux une fois que les craintes et l'enthousiasme de façade  se sont estompés, est bien là. Mais je l'ai éprouvée avec une certaine distance.  Je ne peux pas dire que ce n'est pas un livre troublant,  dérangeant. Il l'est. A la juste mesure, de ce que la pensée nazie avait de pervers. les personnages se défendent comme ils peuvent devant  l'arbitraire de la situation.  Le plan de déplacer les populations juives vers la Pologne se met en place très rapidement. C'est une mécanique bien huilée, qui se met en place et broie chaque identité. Sans doute est-ce aussi pour cela que l'auteur utilise souvent la même construction de phrases.Courtes,  avec le sujet en première place, puis verbe et complément.  Cela donne un rythme répétitif et une certaine monotonie à la narration. Effet de style... Style tout court, auquel je ne suis pas vraiment sensible.

La rencontre avec l'auteur n'a pas eu lieu,  comme s'il y avait trop de distance
Peut-être que cette distance que j'ai ressentie dans ma lecture est celle dont l'auteur a besoin,  pour écrire sur cette période trop brûlante....je m'interroge. Son écriture rencontre mon intellect  mais pas mon "intelligence du cœur ", cela doit être ça !
Un autre de ses livres me permettra peut-être d'apprécier cet écrivain  à sa juste valeur.
Je l'espère...  

Dommage...
"Je n'ai pas l'impression d'écrire sur le passé. Le passé en lui-même est un très mauvais matériau pour la littérature. La littérature est un présent brûlant, non au sens journalistique, mais comme une aspiration à transcender le temps en une présence éternelle"

Extrait: 
  • Page 41 
" Mais les musiciens  avaient vu beaucoup de choses dans leur vie et ils étaient attachés à leur petites passions comme une racine dans la terre épaisse. "
Page 84

" Je ne comprends pas dit le commandant . Il y une épidémie de peste ici? 
- la peste juive. 
- Vous vous moquez de moi? 
-Ce n'est pas une farce, essayez de sortir. "
  • Page 114/ 115
 "- Je ne comprends. Quel crime ai-je donc  commis  pour qu'on m'expulse de chez moi? dites -le moi je vous en prie,
-Il ne s'agit pas de crime , mais de malentendu. Nous aussi , dans une certaine mesure? nous sommes enfermés à cause d'un malentendu. 
[...] L'homme était confus. 
- Je ne savais pas , excusez-moi ! Tout à coup, on m'a tout arraché. On m' a traîné ici sous le prétexte que je suis juif. Ils voulaient certainement dire juif de l'Est. Mais je suis autrichien ! Mes ancêtres? Je ne sais pas  . C'est possible. qui sait? Quelle importance de savoir qui ils étaient . JE réclame votre indulgence, dit-il en se tournant vers le directeur de l'hôtel. "
  • Page 118:
" Une lumière d'automne, une mumière d'étain, règne maintenant sur la ville. debout dans la cuisine, comme un de ses serveurs, le directeur de l'hôtel distribue la soupe. L'approvisionnement ne parvient plus . Les réserves vont s'épuiser. LA salle à manger ressemble à une soupe populaire. Le soir, des ombres allongées rampent vers le s tables. L'incertitude flotte dans les yeux ahuris des musiciens. Quelques ours plus tôt, ils récriminaient encore. Maintenant les passions semblent d'être assoupies . Ils comprennent : il n'y a plus de retour. "


 biographie/aharon-appelfeld

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