dimanche 17 juin 2012

L'ORME DU CAUCASE et UN CIEL RADIEUX







  
Emprunté à la  bibliothèque pour mon fils de 11 ans, j'espérais en lui proposant  l'Orme du Caucase et un ciel radieux  le sortir des  Naruto et "Dragon Bull Z" et autres mangas. Dans un moment de calme, j'ai ouvert le premier,  un recueil de Huit nouvelles. La finesse du  graphisme m'a plu et je me suis immédiatement plongée dans la  lecture. Etonnée par l'universalité, et la simplicité de ces nouvelles, empreintes de pudeur et d'une certaine naïveté. Cela va droit au cœur, car Taniguchi va à l'essentiel. La plupart des personnages qu'il dépeint, ont tous un point commun : les blessures du passé, qu'ils arrivent à dépasser sans tambour ni trompette. Un bon sens plein de sagesse, quelques mots réparateurs que l'on n'attendait plus, le travail du temps, qui vous permet de voir certaines choses sous d'autres aspects, ce sont tous ces petits mouvements intérieurs que dépeint Taniguchi. Il y a bien quelque chose d'apaisant à la lecture de ces huit nouvelles, adaptées des œuvres de Ryūichirō Utsumi, comme si l'auteur en quelques pages voulait nous réconciliait avec le monde. C'est réussi. Son recueil de   nous débarrasse de la morosité ambiante.
Dès la première, on est sous le charme, enfin sou l'orme.
Jirō Taniguchi a déclaré :
« Si j'ai envie de raconter des petits riens de la vie quotidienne, c'est parce que j'attache de l'importance à l'expression des balancements, des incertitudes, que les gens  vivent au quotidien, de leurs sentiments profonds dans les relations avec les autres. [...] C'est à partir de ces moments infimes que je crée mes mangas."
Après cette première lecture, échanges d'impression avec mon fils. De toute évidence, il a préféré un ciel radieux, et m'invite pour ne pas dire, me presse à le lire.  Je ne diffère guère cette occasion  impatiente de savoir ce qui  lui a plu.






Le sujet ici est plus grave. Takura, un jeune motard de 17 ans percute la fourgonnette d'un père de famille. Les deux hommes restent entre la vie et la mort pendant plusieurs jours. Seul le jeune sortira du coma. Pour ses proches, c'est un miracle. Pour lui les choses ne sont pas aussi simples. Il ne se souvient de rien, pire il ne reconnait ni sa famille, ni son propre visage. Ses proches le croient amnésique. D'après les médecins, c'est normal, il devrait peu à peu retrouver la mémoire. Or assez rapidement les souvenirs  qui lui reviennent sont ceux du  Kazuhiro Kubota. Troublé désorienté et désemparé, il sait que le temps lui est compté. Poussé par les regrets il n'a qu'un désir, celui de revoir sa femme et sa fille de 8 ans qu'il a trop négligées avant l'accident. Mais la conscience de Takura commence bientôt  à refaire surface.Si la cohabitation est difficile, elle est aussi enrichissante.Regarder la réalité sous un autre éclairage, permet à la fois de relativiser, dépasser des a priori négatifs  ou  encore combler  le fossé relationnel qui existe entre les membres d'une famille. Ici encore, l' idée de "réparation"  est au cœur de l'histoire.  J' y ai retrouvé la sensibilité et la délicatesse à dépeindre des émotions complexes. Taniguchi transmet  bien plus qu'une histoire " paranormale",  c'est un regard positif et sur le monde et les relations humaines.

 Biographie de Jiro Taniguchi par son éditeur français, Casterman

En quelques années, Jirô Taniguchi est devenu l’ambassadeur de la bande dessinée japonaise en France, séduisant un large public jusqu’alors rétif à ses codes graphiques et narratifs. Le livre qui a tout changé ? Quartier lointain, auréolé du Prix du scénario au festival d’Angoulême 2003 et publié dans la collection Ecritures de Casterman, qui défend l’auteur depuis 1995, date de sa première publication française avec l’Homme qui marche, promenade élégiaque dans le Japon contemporain, portée par une description incroyablement minutieuse des petits riens du quotidien. Depuis, on a découvert une autre facette du talent de Taniguchi avec le Sommet des Dieux – Prix du dessin à Angoulême en 2005 – tandis que  Le Journal de mon Père, L’Orme du Caucase et Terre de rêves, tous trois chez Casterman, ont confirmé son statut de géant de la bande dessinée mondiale.
Histoire complète





                                                          




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