mardi 12 juin 2012

La musique Klezmer








Dès le 15ème siècle, des musiciens juifs, professionnels ou non, parcouraient l’Europe centrale pour animer les fêtes qui rythment la vie dans  les shtetl.( village)


Il était d'ailleurs impensable d'imaginer un mariage, une circoncision, un anniversaire, l'inauguration d'une synagogue ou encore l'acquisition d'un  nouveau rouleau de la Torah sans la présence de ces " klezmorim ". Mais on les retrouvait aussi à l'occasion des fêtes religieuses joyeuses telle que Pourim ou Hanouccah,  
Qui étaient-ils ? Derrière ce mot se cache un certain paradoxe.  Ces musiciens ambulants pouvaient être   pour certains admirés, et même célèbres, tandis que d'autres à cause de leur pauvreté pouvaient être facilement confondus avec des mendiants, et être soupçonnés de tous les crimes. Se faire  traiter de  "klezmorim"  était  alors une insulte.  
La vie dans un shtetl

Au début du XIXème siècle, ces musiciens n'étaient pas professionnels. La plupart exerçait d'autres métiers. Il  faudra attendre que la législation du travail pour les juifs se modifie, pour que ces musiciens klezmer puissent envisager d'en faire un véritable métier et espèrent pouvoir enfin entrer dans des ensembles de musique légères, puis dans des orchestres de théâtre ou d’opéra et finalement dans les grands orchestres symphoniques.
Félix et Fanny Mendelssohn et Franz Lizst admiraient le virtuose biélorusse Mikhoel-Yossef Gusikov ( source Beregovki 2001)qu'ils avaient écouté  en 1836 à Vienne.
Rares étaient ceux qui savaient lire la musique. La transmission se faisait avant tout à l'oreille, et par imitation. L'instrument roi était sans conteste le violon car il se prête à une variété d'ornementations et une large  expressivité. Son seul rival était la clarinette avec sa sonorité plaintive si particulière.  
Boublitshki par Giora Feidman.Dans les Kapeyle, (orchestre)  on pouvait trouver des flutes, ou  plus souvent encore des piccolos, un cymbalum,  un violoncelle, une contrebasse, un accordéon à boutons, et une balalaïka. La Polka au contact de la musique klezmer
Depuis le Moyen-Age,  les musiciens juifs s'inspirent de danses  populaires, de mélodies profanes et de la cantillation des prières ('Hazzanout), en reprenant certains modes.  Leur répertoire s'est enrichi au fil des siècles, en intégrant  les différents courants mystiques (Baal Shem tov)  et religieux,  favorisés par leurs différents déplacements pour fuir  les persécutions et pogroms dont les populations juives étaient régulièrement victimes.
 De même que le yiddish est un mélange d'allemand, d'éléments slaves, du roumains, d'hébreux et d'araméen, mais aussi parfois de français et de hollandais, la musique klezmer s'est nourrie au fil des siècles des traditions locales ukrainiennes,  biélorusses,  polonaises, moldaves ou hongroises, intégrant leurs structures rythmiques et mélodiques. 
Flatsbush Walz (from " In the Fidllers House") 
 

 

De plus, en jouant pour des non juifs, leur répertoire s'est également enrichi. 
A la fin du XIX, quelques uns de ces musiciens seront  même acceptés au conservatoire de Saint-Pétersbourg.
Itshak Perlman et la musique Klezmer

                        

A partir de 1880  jusqu'en 1920, la vague d'émigration des juifs aux Etas-Unis va permettre  à la musique  klezmer de se faire connaitre par le biais d'enregistrement mais aussi de s'enrichir en assimilant les caractéristiques du jazz. Vice versa, elle influencera aussi certains jazzmen. Le cymbalum sera alors remplacé par le piano, renforcé par un saxophone ou  une trompette.  

Budapest Klezmer Band

                                                                                   

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