mardi 5 juin 2012

Georg Friedrich Haendel ( 1685- 1759)



 Avec lui,  nous touchons à la gloire et à la fortune immédiates . Il connaîtra le succès de son vivant et même après sa mort il continuera de jouir d'une grande renommée, - Bach n'aura pas cette chance il faudra attendre 1829 , soit un siècle plus tard, pour que Mendelssohn fasse sortir de l'oubli la Passion selon St Mathieu  à l'occasion  d'un concert. Né le 23 février 1685 à Halle en Allemagne, un mois avant  Jean Sébastien Bach, leur destin ne se ressemblent  guère.  

  Alors que la vie du Cantor de Leipzig  a été une vie simple, sans véritable rayonnement mondain, une vie remplie de travail, de commandes et d'obligations, organisée autour de sa famille nombreuse, la vie de Haendel est celle d'un conquérant.
 Quand Haendel nait, son père est âgé de 63 ans. Ce barbier chirurgien, déteste la musique. La légende raconte qu'il s'oppose aux dons évidents que manifeste très tôt  son fils. Il le destine à faire des études de droit. Devant ses dispositions musicales  sa mère l'encourage et lui permet de de s'exercer en cachette sur une épinette dans le grenier. 
La visite que le père et le fils rendent à la cour du duc de Saxe sera décisive. A 8 ans Haendel joue déjà admirablement de l'orgue. Devant son talent le duc presse alors son père de le laisser étudier auprès d’un organiste en vue, du nom de Zachow. Avec lui, il va perfectionner sa technique au clavier, apprendre à  jouer du violon et hautbois et se familiariser avec la musique allemande et les compositeurs italiens et apprendre les bases de la composition musicale. A 12 ans,  Haendel devient son assistant.
Après la mort de son père, afin d'honorer sa mémoire, en 1702 il s'inscrit en faculté de droit. Mais au même moment, il obtient un poste d'organiste à la cathédrale de Halle. Il n'y demeurera qu'un an, juste le temps de  faire la connaissance  Georg Philipp Telemann
     Il se rend alors à Hambourg. Durant son séjour, il rencontre le compositeur Matheson de quatre ans son ainé. Rapidement il va se faire une place en intégrant  l'opéra, d'abord comme violoniste, puis claveciniste, remplaçant au pied levé  le musicien souffrant.  Mais l'amitié qui le lie à Matheson va être entachée par une querelle qui se termine par un  duel.Un bouton de métal du manteau de Haendel  lui sauvera la vie en brisant la lame
    Après avoir composé de nombreuses pièces pour clavecin , il écrit une passion selon Saint Jean en 1704 puis son opéra Almira . Dès la première représentation ( 8 janvier 1705) c'est un succès. Mais le directeur du théâtre en éprouve de  la jalousie au point de désirer à  le chasser
    En 1706 ( à 21 ans), il quitte le ville pour conquérir  l’Italie. A Florence il produit son opéra Rodrigo, sans grand succès. Par contre on oratorio italien ( sorte d’opéra sans costumes ni décors qui raconte une histoire tirée de la Bible)  la Resurrezione, dirigé à Rome par Corelli, le rend tout de suite célèbre. On le surnomme le Saxon.  En 1707 il écrit son Dixit Dominus
  En 1709 les admirateurs de Haendel et de Domenico Scarlatti arrangent une compétition à l’orgue et au clavecin. Scarlatti remporte la victoire au clavecin et Haendel gagne à l’orgue.
  En 1710 il retourne en Allemagne et  accepte le poste de Kapellmester de l’Électeur Georg de Hanovre.(il gagne 20 fois le salaire de Bach à Weimar). A peine installé, celui ci l'autorise à prendre un nouveau congé pour se rendre à Londres. Il s' y crée rapidement un cercle d'amis et obtient son premier succès avec son opéra Rinaldo qui fait sensation. "Cara Sposa" Nathalie Stutzmann 
Après 6 mois d'absence , il retourne à Hanovre. Mais son patron ne lui en tient pas rigueur puisqu'en 1712, il lui accorde un nouveau congé.
  C'est à partir de cette époque que commence la deuxième carrière de Haendel. Ce qu'il désire c'est rééditer ses premiers succès et conquérir Londres avec l'opéra italien. Deux obstacles pourraient anéantir se projets. D'une part  l'Angleterre en est encore à pleurer Purcell,  d'autre part , il doit faire oublier qu'il est étranger. En 1713, il écrit une grande pièce solennelle pour l’anniversaire de la Reine Anne, puis un Te Deum. Il obtient ainsi ses faveurs : elle  lui accorde une rente annuelle. A partir de ce moment il oublie la cour royale de Hanovre. Lorsqu'en 1714, la reine meurt et  le Prince de Hanovre, devient Georg 1er, nouveau roi d'Angleterre. Une fois de plus, l'habileté de Haendel sera payante. Le nouveau roi qui n'est pas rancunier, doublera la rente que lui avait accordé la reine Anne. En 1717, Haendel écrit Water Music, (aujourd’hui une de ses œuvres les plus connues,) puis Chandos Antehm, Acis et Galatée,  Aman et Mardochée.   Water Music suite n°2 en Ré majeur  
En 6 ans, il s'est fait un nom. Et c'est tout naturellement qu'en 1719, qu'il devient Directeur artistique de l’Académie royale de musique. Commence alors pour lui une période d’immense activité, partagée entre ses rôles de compositeurs, d’imprésario, d’administrateur, d’organisateur et de répétiteur. La compétition qui existe entre lui et un autre compositeur italien, Bononcini  est d'ailleurs stimulante. En 1727, sa renommée est acquise ; il obtient  alors la  nationalité anglaise. Durant cette période,  14 opéras ( dont Tamerlan et Jules César)  sont représentés. Pourtant  en 1728 l'Academy Royale est dissoute Cette année là, c'est une satire de l'opéra italien, " l'opéra des gueux"  qui fait fureur, ( sur un texte de John Gay et une musique de Johann Christoph Pepusch , qui inspirera Kurt Weill et Bertold Brecht )
 L'année suivante, Haendel remonte une nouvelle Academy,  au King's Theatre, en mettant lui même la main à la poche.
En 1730 il retourne à Halle au chevet de sa mère mourante. De retour en Angleterre,  il commence à écrire ses premiers oratorios.sans abandonner pour autant l'opéra. En 1732, il ne peut faire représenter son Esther comme il l'entend. Qu'à cela ne tienne, il le donnera dans une version oratorio. En 1733, il écrit Athalie   et Orlando.
Caricature de Haendele par Goupy  
 A nouveau il lui faudra faire face à de nouvelles difficultés financières et aux conflits qui  déchirent la nouvelle Academy . En 1734, il monte sa propre troupe au Covent Garden .où il fera jouer ses opéras Alcina ; mais monter des opéras  coutent cher. En 1737,  c'est à nouveau le gouffre financier. Surmené,  Haendel s'écroule. Il  est frappé par une attaque qui le paralyse. Il part alors faire une cure à Aix la Chapelle. Sa guérison soudaine reste aussi inexpliquée que sa maladie. A nouveau sur pieds, il fait représenter à  Londres, le 15 avril 1738  au King's Theatre son opéra Xercès. Mêlant à la fois,  passion, comédie et satire, ce  dernier sera un échec. 5 jours après la première il est retiré de la programmation.   Xercès Ombra ma fu Nathalie Stutzmann
 En 1743 il écrit Samson. Depuis l'accession de la maison de Hanovre à la couronne d'Angleterre, des soulèvements successifs  visent à restaurer les Stuart. La rébellion sera définitivement brisée en1746. Un an après Haendel écrit Judas Macchabée ,destiné à fêter la victoire du vainqueur, le duc de Cumberland  En 1748 , il écrit son oratorio Salomon."Entrée de la reine de Sabba"  ( dirigé par Jean-François Gonsalez Hamilton )  en 1749  Musique pour les feux d'artifice royaux  Salomon (1749)
 En 1741, il écrit en  24 jours,  son Messie  qui  reçoit un accueil triomphal. à Dublin en  1742. A Londres, il sera boudé,  malgré les applaudissements du souverain. 
 A partir de là,  il n'écrit plus que des oratorios en anglais (Saül, Israël en Egypte, Samson 1743 ) . C'est  une nouvelle carrière qui commence, dégagée de l’influence italienne.  Pour meubler les interludes de ses oratorios , Il compose ses 16 concertos pour orgue qui obtiennent beaucoup de succès, ainsi que 12 concertos pour corde. Musique pour les feux d'artifice royaux (1749), Salomon (1749)
Après un dernier séjour à Halle , il retourne à Londres et écrit Jephté le dernier de ses oratorios. En 1752, il est opéré de la cataracte par le même chirurgien  que Bach. Tout comme lui, il devient totalement aveugle. Il continue cependant  à jouer des pièces d’orgue  et ses concertos de mémoire .
   Le 14 Avril 1759 il meurt. Il est inhumé dans l’Abbaye de Westminster .3000 londoniens assistent à ses funérailles.
  Haendel aura été d’un caractère prompt, très exigeant, s’emportant facilement contre les chanteurs qui ne respectent pas ses consignes. Gros mangeur , bon vivant corpulent, bourru à la démarche maladroite il avait reçu des londoniens le surnom de «  gros ours ».
Dans son œuvre  il a su  assimiler des styles très divers et se forger un langage musical original . Le théâtre a été au centre de ses activités avec un bonheur inégal . il a composé 39 opéras, mais c‘est à ses oratorios qu’il doit sa réputation , plus particulièrement à son  Messie. 
 Mozart dira de lui "Quand il faut il frappe comme le tonnerre. "
Beethoven le considèrera  comme le plus grand compositeur.


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